Quand on commence à faire attention à l’acidité des aliments, le citron est l’un des premiers que l’on vérifie. Si vous cherchez simplement un chiffre, le voici d’emblée. Nous expliquons ensuite ce qu’il veut dire pour le jus de citron, l’eau citronnée et une vessie sensible.
En bref : le jus de citron et celui de citron vert ont un pH d’environ 2,0 à 2,6, ce qui fait du citron l’un des aliments les plus acides de la cuisine. Dire que le citron est « alcalin » n’y change rien, et cela ne dit pas comment votre vessie réagira. Les agrumes font partie des aliments que beaucoup de personnes disent mal supporter : le plus sage est d’apprendre ce qui vous convient et d’adapter votre façon de consommer le citron, plutôt que de partir du principe qu’il pose toujours problème.
Le pH du citron, en chiffres simples
L’échelle de pH va de 0 à 14. Plus le chiffre est bas, plus c’est acide ; 7 correspond à la neutralité ; au-dessus, c’est alcalin. Les spécialistes de l’alimentation considèrent souvent comme « à forte acidité » tout aliment dont le pH est inférieur à 4,6. Le jus de citron se situe bien en dessous de ce seuil.
Le jus de citron et celui de citron vert ont un pH d’environ 2,0 à 2,6. Le citron se range ainsi parmi les produits les plus acides de la cuisine, dans la même catégorie que le cola et le vinaigre. L’eau plate, à titre de comparaison, est proche de la neutralité, autour de pH 7.
Ces valeurs sont approximatives. Le chiffre exact varie selon la variété et la maturité du fruit : c’est la catégorie qui compte, plus que le chiffre précis. Et quel que soit le citron que vous achetez, il se range clairement parmi les plus acides. Pour le comparer à bien d’autres aliments, consultez notre tableau du pH des aliments pour les vessies sensibles.
Pourquoi dit-on parfois que le citron est « alcalin » ?
Vous avez peut-être lu que le citron est « alcalinisant », ou qu’un verre d’eau citronnée chaque matin « alcalinise » l’organisme. Cela paraît contradictoire ; voyons calmement d’où vient cette idée.

Elle vient du régime alcalin. Celui-ci classe les aliments selon le résidu qu’ils sont censés laisser une fois digérés, et non selon leur acidité au moment où on les consomme. C’est pourquoi le citron, nettement acide dans le verre, figure parfois parmi les aliments alcalinisants. Le discours médical courant voit les choses autrement : l’organisme maintient le pH du sang dans une plage très étroite, quoi que l’on mange ou boive. L’eau citronnée ne modifie donc pas le pH de l’ensemble du corps.
Pour une vessie sensible, ni l’une ni l’autre de ces étiquettes n’est vraiment la question. Les conseils alimentaires des associations consacrées à la cystite interstitielle, comme l’ICA et le réseau IC, visent à repérer vos propres déclencheurs, pas à modifier le pH de tout l’organisme. Les agrumes figurent sur ces listes parce que beaucoup de personnes les citent, pas à cause d’un chiffre de pH. Notre article sur l’alcalinisation et la vessie explique en quoi cela diffère du fait de tamponner l’acidité d’un aliment ou d’une boisson.
L’eau citronnée et la vessie sensible
Les agrumes figurent sur les listes d’aliments et de boissons que beaucoup de personnes disent mal supporter quand elles ont la vessie sensible. Les oranges, les citrons, les pamplemousses et leurs jus en sont les exemples habituels. Leurs acides, surtout l’acide citrique et l’acide ascorbique, donnent au citron son goût vif.
Cela ne veut pas dire que le citron vous gênera. Un aliment qui dérange une personne peut très bien convenir à une autre, et un verre d’eau citronnée peut passer un jour et pas le lendemain. La bonne question n’est donc pas « le citron est-il permis ? », mais « comment est-ce que je le supporte ? ».
Tenir un petit carnet est la façon habituelle de le savoir. C’est le principe de l’éviction puis de la réintroduction :
- Pendant une ou deux semaines, notez ce que vous mangez et buvez, et les moments où votre vessie est plus ou moins à l’aise.
- Cherchez des tendances plutôt que de vous fier à une seule journée.
- Si vous soupçonnez le citron, mettez-le de côté quelque temps, puis réintroduisez-le doucement, en petite quantité, et voyez comment vous réagissez.
Notre guide des aliments et boissons qui peuvent gêner la vessie, et des alternatives plus douces donne d’autres idées pour votre carnet et pour savoir quoi essayer à la place.
Des façons plus douces de garder un peu de citron
Si vous aimez le citron, vous n’avez pas forcément à y renoncer. Les personnes qui trouvent les agrumes trop vifs changent souvent leur façon de les consommer. Voici les ajustements cités le plus souvent.

- Le diluer. Avec davantage d’eau plate, chaque gorgée apporte moins d’acide du fruit. Certaines personnes commencent avec moitié jus, moitié eau, puis rajoutent de l’eau jusqu’à ce que l’acidité devienne moins vive. Le citron reste acide : vous absorbez simplement moins de son acide à chaque gorgée.
- Le prendre au cours d’un repas. Le citron passe en général mieux pendant un repas que le même verre bu à jeun.
- Limiter la quantité. Un filet de jus plutôt qu’un citron entier, un petit verre plutôt qu’un grand.
- Choisir le moment. Beaucoup préfèrent les agrumes en début de journée plutôt que tard le soir.
Notre article pour réduire l’acidité du jus d’agrumes détaille la dilution, l’association avec un repas et le choix du moment.
Tamponner l’acidité : une option de plus
Certaines personnes utilisent aussi un tampon d’acidité avant le repas. CalGly est un complément alimentaire à base de glycérophosphate de calcium, le même principe actif que beaucoup utilisaient dans Prelief aux États-Unis, avec un peu d’Aloe Vera purifié, sans anthraquinones et lyophilisé. Il se prend peu avant un aliment ou une boisson acide et peut aider à réduire la teneur en acide de ce que vous mangez et buvez. Le pot contient 120 gélules végétales. Tous les détails figurent sur la page produit CalGly. C’est un complément alimentaire, pas un médicament : il s’ajoute aux gestes ci-dessus, sans les remplacer. Si vous êtes enceinte, si vous allaitez, si vous prenez un médicament sur ordonnance ou si vous avez un problème de santé, demandez d’abord conseil à votre médecin traitant ou à votre pharmacien.
Quand consulter son médecin ou son pharmacien
Adapter ce que l’on mange et boit relève du confort au quotidien. Consultez votre médecin traitant ou votre pharmacien si vos symptômes durent ou s’aggravent, ou si vous avez de la fièvre, du sang dans les urines ou des douleurs dans le dos ou sur le côté. Si vous êtes enceinte ou si vous avez des problèmes de reins, demandez-leur conseil avant de modifier votre alimentation ou d’ajouter un complément. N’arrêtez et ne modifiez jamais un traitement prescrit à cause de ce que vous lisez ici.
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